La flat tax crypto passe de 30 % à 31,4 % en France. Cette hausse de 1,4 point, annoncée dans la loi de financement de la sécurité sociale 2026, s'applique rétroactivement aux cessions réalisées en 2025 et déclarées au printemps 2026. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) reste à 12,8 % pour l'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux augmentent de 17,2 % à 18,6 %, avec la contribution sociale généralisée (CSG) qui bondit de 9,2 % à 10,6 %.
Cette hausse touche uniquement les plus-values crypto. Les contrats d'assurance vie, les PEL et les PEP conservent le taux de 17,2 % pour les prélèvements sociaux. La déclaration s'effectue sur le formulaire 2086, et le seuil de 305 € de cessions annuelles reste inchangé : si le montant total des ventes dépasse ce seuil, la totalité du gain est imposable, pas seulement l'excédent.
DAC8 : déclaration obligatoire des transactions crypto dès 2026
Parallèlement à cette hausse fiscale, la directive européenne DAC8 entre en application le 1er janvier 2026 en France, après sa transposition par le décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025. Les plateformes d'échange de cryptomonnaies doivent désormais transmettre à l'administration fiscale l'identité de leurs clients et le détail de leurs transactions. La première déclaration couvre les opérations réalisées en 2026 et doit être déposée au plus tard le 15 juin 2027.
Les États membres de l'Union européenne échangeront ensuite ces données entre eux avant le 30 septembre 2027. Concrètement, une transaction effectuée sur une plateforme française en 2026 sera visible par les autorités fiscales françaises en juin 2027, puis partagée avec les autres pays européens trois mois plus tard. Cet échange automatique vise à lutter contre la fraude fiscale transfrontalière.
Calendrier fiscal et réglementaire pour les détenteurs crypto
Plusieurs échéances s'accumulent pour les investisseurs français. Le 1er juillet 2026, Binance a cessé les achats et ventes au comptant pour ses clients français, faute d'agrément PSAN conforme à MiCA. La date limite pour clôturer les positions sur marge et les prêts Binance est fixée au 1er octobre 2026. Au printemps 2027, les contribuables devront déclarer leurs gains crypto réalisés en 2026, avec le nouveau taux de 31,4 %.
Avant le 15 juin 2027, les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) devront déposer leur premier rapport DAC8 couvrant les transactions de 2026. L'administration fiscale française disposera alors d'une visibilité complète sur les flux crypto de ses résidents, y compris ceux passés par des plateformes européennes. Cette traçabilité accrue réduit considérablement les marges de manœuvre pour ceux qui auraient tenté d'échapper à l'impôt.
Options pour réduire l'imposition
Les contribuables peuvent opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu au lieu de la flat tax de 31,4 %. Cette option peut s'avérer avantageuse pour les foyers situés dans les tranches à 0 % ou 11 %, mais elle impose alors de soumettre l'ensemble des revenus du capital au barème progressif, pas seulement les gains crypto. Le choix doit être fait au moment de la déclaration et s'applique à tous les revenus concernés.
Seules les cessions contre euros, devises fiat, biens ou services déclenchent l'imposition. Les échanges crypto-contre-crypto restent exclus du champ d'application, ce qui permet de différer la taxation tant qu'aucune conversion en monnaie fiduciaire n'intervient. Toutefois, DAC8 enregistrera également ces mouvements, même s'ils ne génèrent pas d'impôt immédiat. Les revenus de staking restent dans un flou juridique que la loi n'a toujours pas tranché.
Avec la hausse de la flat tax crypto à 31,4 % et l'entrée en vigueur de DAC8, le cadre fiscal français se durcit nettement pour les détenteurs de cryptomonnaies. La fenêtre pour optimiser sa fiscalité se referme rapidement, et la transparence devient la norme. Les investisseurs doivent anticiper ces changements dans leurs stratégies de cession, sous peine de subir une imposition plus lourde et un contrôle fiscal renforcé dès 2027.