Depuis le 1er juillet 2026, la règle est simple sur le papier : seule une plateforme titulaire d'un agrément MiCA peut proposer légalement ses services aux résidents français. La période transitoire ouverte aux anciens PSAN s'est refermée. Le chiffre qui circule partout pour mesurer le nouveau paysage, c'est une trentaine de plateformes autorisées à servir la France. Il est exact. Ce qu'il recouvre l'est moins.
Peu d'agréments français, beaucoup de passeports
Le règlement MiCA fonctionne avec un passeport européen. Un acteur agréé dans un pays de l'Union peut opérer dans les vingt-six autres sans repasser devant chaque régulateur national. Résultat concret : parmi les plateformes que les Français utilisent le plus, l'AMF n'en supervise directement qu'une poignée. Coinbase est agréée au Luxembourg, Kraken en Irlande, Bitpanda en Allemagne. Toutes trois arrivent en France par le passeport, pas par un feu vert de l'AMF.
Les agréments délivrés par l'AMF elle-même se comptent, eux, sur les doigts d'une main : des acteurs français comme Coinhouse, Paymium ou Deblock. À l'échelle de l'Espace économique européen, environ 323 prestataires détiennent désormais un agrément MiCA. La liste des « 33 en France » additionne donc deux réalités différentes : les rares maisons agréées à Paris, et la longue file de celles qui entrent par la porte d'un autre pays.
Binance ne figure pas sur la liste
L'absence la plus parlante est celle du plus gros. Faute d'agrément MiCA à l'échéance, Binance n'accepte plus de nouveaux clients français ni leurs dépôts depuis le 1er juillet 2026. La première plateforme mondiale par le volume s'est retrouvée hors jeu pour le marché de détail hexagonal, du moins le temps d'obtenir son autorisation. Pour un particulier, cela veut dire qu'un compte ouvert avant l'été ne se gère plus comme avant, et qu'aucune nouvelle inscription n'est possible.
Ce que vous devez vérifier avant de déposer
La bonne question n'est pas « cette plateforme est-elle connue » mais « est-elle agréée MiCA, et par qui ». L'AMF tient un registre public des prestataires autorisés, qu'ils soient agréés à Paris ou passeportés depuis un autre État membre. Un service qui sert des clients français sans figurer sur cette liste s'expose à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende, une sanction qui vise le prestataire, pas l'utilisateur, mais qui dit la fragilité juridique du montage. Avant d'y transférer des fonds, mieux vaut vérifier son statut et comparer les plateformes disponibles, car la notoriété d'une marque ne vaut pas agrément.