Le second semestre 2026 s'annonce chargé pour les grandes chaînes. Ethereum, Solana et Base préparent des mises à jour qui touchent à la vitesse, à la décentralisation et au coût d'usage. Pour qui détient ou utilise ces réseaux, ces évolutions de la blockchain méritent d'être suivies, car elles changent le fonctionnement sous le capot. Chaque blockchain avance à son rythme, avec des priorités qui lui sont propres.
Ethereum prépare Glamsterdam
La prochaine grande étape de la blockchain Ethereum porte le nom de Glamsterdam. Elle est attendue au cours du second semestre 2026. L'objectif affiché est d'améliorer la capacité de traitement, de renforcer la couche de base et de rendre le réseau plus simple à utiliser. Concrètement, la mise à jour vise à augmenter le débit de transactions et à réduire l'encombrement de la base de données que doivent stocker les nœuds.
La fonction la plus commentée est la séparation entre proposeur et constructeur de blocs, inscrite au niveau du protocole. Ce mécanisme réduit la concentration du pouvoir sur l'ordonnancement des transactions, un enjeu de fond pour la neutralité du réseau. Il complète le travail engagé sur les couches 2, dont nous analysions récemment la difficulté à capter de la valeur malgré un usage élevé.
Solana accélère avec Alpenglow
Du côté de la blockchain Solana, la mise à jour majeure se nomme Alpenglow et arrivera plus tard dans l'année, avec le client de validation Agave 4.1. Elle revoit le mécanisme de consensus autour d'un nouveau composant de vote baptisé Votor.
Le gain visé est spectaculaire sur le papier : ramener le temps de confirmation à environ 100 à 150 millisecondes, contre près de 12,8 secondes aujourd'hui. Pour y parvenir, Alpenglow supprime les transactions de vote inscrites sur la chaîne, ce qui allège la communication entre validateurs. Cette refonte s'ajoute à la mise à jour du format de transaction que nous décrivions dans notre article sur ce que la version 1 des transactions Solana change vraiment.
Base et Avalanche avancent aussi
La couche 2 Base, adossée à Coinbase, a déjà déployé sa mise à jour Beryl. Elle introduit un standard de jeton natif, le B20, réduit le délai de finalité des retraits de sept à cinq jours et intègre le client Reth V2 pour diminuer les besoins de stockage des nœuds. Avalanche, avec Octane, mise de son côté sur des gains de performance et sur des chaînes souveraines pensées pour les usages institutionnels. Ces deux blockchains cherchent à réduire les frictions, pour les utilisateurs comme pour les développeurs qui construisent dessus.
| Réseau | Mise à jour | Apport principal | Statut |
|---|---|---|---|
| Ethereum | Glamsterdam | Débit accru, séparation proposeur constructeur | Second semestre 2026 |
| Solana | Alpenglow | Confirmation en 100 à 150 millisecondes | Plus tard en 2026 |
| Base | Beryl | Retraits plus rapides, stockage allégé | Déployée |
| Avalanche | Octane | Performance et chaînes souveraines | En cours |
Et le bitcoin dans tout cela
Le contraste est net avec le bitcoin, qui n'a aucune mise à jour majeure programmée. Les débats sur les covenants, à travers des propositions comme OP_CAT ou CTV, et sur la résistance aux ordinateurs quantiques restent ouverts, sans calendrier arrêté. Nous revenions sur ce dernier point dans notre analyse du rapport du G7 sur l'ordinateur quantique et le bitcoin.
La leçon de ce second semestre tient en une comparaison. Les chaînes de contrats intelligents avancent vite, quitte à multiplier les changements techniques, tandis que le bitcoin cultive la stabilité et la prudence. Deux philosophies opposées, pour deux rôles différents dans l'univers crypto. Pour l'utilisateur, l'essentiel reste de savoir quelle blockchain sous-tend ses actifs et ce que chaque mise à jour modifie concrètement, du coût des transactions au temps de confirmation.