Solana Transaction V1 entre en service sur le réseau principal le 9 septembre. La mise à jour paraît modeste sur le papier, car elle touche surtout la taille des transactions. Dans les faits, elle ouvre la porte à des usages que la chaîne ne pouvait pas traiter jusqu'ici. Voici ce qui change réellement pour les développeurs et, plus loin, pour les détenteurs.
Une transaction trois fois plus grande
Le changement central tient en un chiffre. La taille maximale d'une transaction passe de 1232 à 4096 octets. C'est environ 3,3 fois plus d'espace disponible. Ce plafond de 4096 octets n'a rien d'arbitraire, car il correspond à une taille de page mémoire courante sur le matériel des validateurs. Plus d'espace signifie qu'une seule transaction peut désormais regrouper davantage d'instructions en une opération unique et indivisible.
Les propositions techniques qui définissent ce format, référencées SIMD-0296 et SIMD-0385, ont été rédigées par Jacob Creech et Andrew Fitzgerald. Elles modifient aussi la mécanique interne. Solana Transaction V1 abandonne les tables de correspondance d'adresses et inscrit directement les adresses complètes de 32 octets dans la transaction. Les limites de ressources quittent enfin les instructions de budget de calcul pour rejoindre des métadonnées dédiées.
Ce que cet espace permet
Cet espace supplémentaire n'est pas une coquetterie. Il accueille des preuves à divulgation nulle, des opérations multisignatures de grande taille, des lots de transactions et certains schémas de signature complexes. Concrètement, il facilite les routes de trading, les transferts confidentiels et les opérations entre chaînes. Les applications qui manipulent des preuves cryptographiques lourdes gagnent enfin la place qui leur manquait.
| Paramètre | Avant | Avec Transaction V1 |
|---|---|---|
| Taille maximale | 1232 octets | 4096 octets |
| Adresses | tables de correspondance | adresses complètes de 32 octets |
| Limites de ressources | instructions de budget | métadonnées dédiées |
Ne pas confondre avec Alpenglow
Cette mise à jour reste distincte du grand chantier du consensus. Alpenglow, visé pour octobre, remplacera les mécanismes historiques Tower BFT et Proof of History. Son objectif est de ramener la finalité d'environ 12,8 secondes à une fourchette de 100 à 150 millisecondes, soit un facteur proche de 100. En parallèle, le client Firedancer, réécrit pour la fiabilité, a déjà été testé jusqu'à un million de transactions par seconde en conditions contrôlées. Transaction V1 prépare le terrain applicatif que ces briques exploiteront ensuite.
L'angle pour un détenteur en France
Pour qui détient du SOL, l'effet est indirect mais réel. Une chaîne capable de traiter des transferts confidentiels et des lots plus riches attire davantage d'applications, donc d'activité. Cette activité soutient les revenus des validateurs et, par ricochet, la rémunération du staking. Le sujet fiscal reste toutefois entier, comme le rappelle notre dossier sur la fiscalité du staking en France. Solana avait déjà retouché ses règles économiques, ainsi que nous l'expliquions quand le réseau a réduit son inflation. Pour investir sur cet actif depuis l'Europe, les véhicules régulés restent limités, un point traité dans notre guide sur les produits cotés accessibles depuis la France.